Samedi 4 avril 2020. Il est 13h45, on les entend sortir de la salle à manger bruyamment. Certains parlent tous à la fois. Rires aux éclats, silence sur certains visages. Un tient en main le plateau de tasses de café, un autre, le thermos. Ils se dirigent vers la salle de séjour en hâte. C’est tout en hâte qu’ils ressortent. Subitement le silence rompt le bruit. Ils sont tous à l’oratoire. On entend au début: Notre Père qui es au cieux… et à la fin “Sainte Marie Notre Espérance siège de la sagesse”…

Il n’y a curieusement aucun étudiant à la salle de séjour, ni à la salle d’études du haut, ni celle du bas, encore moins à la salle Saxum ou tout simplement à la salle informatique que l’un des résidents aurait pu inviter à participer à la visite au Saint sacrement puis à la réunion.

La réunion débute. Le café est servi. Assis en demi-cercle, les résidents, quoique confinés, racontent leur journée. Hermann les abreuvent de sa connaissance sur la Cour de cassation et le Conseil d’État pendant 15 minutes. Ils n’oublient pas que le lendemain, est l’anniversaire d’Isidore. La parole lui est donc donnée afin qu’il leur parle de sa vie, de sujets qui l’intéressent et qu’il réponde aux questions qui lui seront posées. Comme de coutume à Comoé.

Fin de la réunion. Début du chapelet. Concentration absolue. Les Je vous salue Marie sont répétés. Cette monotonie qui rappelle en réalité leur amour pour la Sainte vierge. Fin du chapelet. Le directeur rappelle la suite du programme: Prière+Salut au saint sacrement+Diner+Examen+Film. On a pas entendu “CAUSERIE” “CERCLE” “17H07”.

En effet, suite aux mesures prises par le gouvernement, la direction du Centre Culturel Comoé a dû fermer les portes du Centre, progressivement et ce, par aire géographique. D’abord l’accès du Centre fût limité aux résidents du centre et des appartements des tours Sainte Marie. Aujourd’hui, seuls les résidents du centre y ont accès.

Cette situation m’emmène à réfléchir et à comprendre qu’en réalité le centre n’est qu’un moyen pour m’aider à vivre pleinement ma foi chrétienne. Le centre n’est donc pas une finalité. Je comprends que peu importe que le centre soit ouvert ou non, je me dois de vivre mon plan de vie, cette intimité avec le Seigneur. Les résidents l’ont si bien compris que malgré que nous autres ne soyons pas là, ils continuent de vivre leur plan de vie.

Vivement la fin de la pandémie pour que les samedis continuent d’être superbement bousculés avec les autres.

Auteur inconnu, Abidjan